Série: Le Jardin des souvenirs #
Auteurs: Paul Azaceta, Mark Waid., Nick Filardi
Editeur BD: Delcourt
Une chronique Comics: Génération BD
Histoire: on ne sait pas d'où il vient ni d'où lui vient cette envie d'enquêter sur des affaires non résolues et classées sans suite. Rien qu’à New-York, plus d'une centaine de cadavres demeurent anonymes, certains étant même ensevelis au cimetière sous une simple stèle numérotée alors qu’il s’agit de victimes d'assassinats. Tout ce que l'on sait, c'est qu'il veut absolument mettre un nom sur ces tombes anonymes afin de rendre leur dignité aux victimes. On l'appelle John Doe. Ce n'est pas un novice, bien au contraire. Il s’appuie sur un réseau bien rodé et très efficace d'agents, d’informateurs, d’indics et de contacts officiels et non officiels disséminés un peu partout. Cela fait trois ans que l'inspecteur Aiken travaille avec lui. Ils ont résolu bien des affaires comme celle de ce dealer assassiné au moment où il avait décidé d’arrêter le trafic de drogue ou bien celle de cette gamine kidnappée et séquestrée par le concierge de l’immeuble et dont le père finira par se suicider. Aujourd'hui, son enquête sur la disparition de la sœur jumelle d’une jeune fille va lui donner du fil à retordre et déboucher sur une affaire bien plus embrouillée que celles qu’il s’efforce de résoudre aux côtés de ce mystérieux John Doe qui n'a toujours pas révélé les raisons de son entêtement à résoudre des affaires de ce genre.

Mon avis :
Voici un polar bien noir, lorgnant vers le macabre, plutôt pessimiste sur la nature humaine et bien en phase avec les enquêtes sur des meurtres non résolus qui en sont le sujet principal. Au scénario, Mark Waid manie adroitement ses personnages tout en maintenant le suspense au fil des enquêtes ainsi que le mystère sur John Doe en nous dévoilant avec parcimonie les motivations de son obsession pour les décès anonymes. Notre héros va non seulement démêler l’affaire pleine de rebondissements et à la conclusion inattendue de cette sœur jumelle retrouvée assassinée, mais également dénoncer la corruption qui gangrène les services de police où sévissent des agents peu scrupuleux ayant poussé John Doe à rechercher d’autres sources d’information. Paul Azaceta nous propose un dessin sombre qui rend parfaitement l’atmosphère oppressante du thème abordé.

Un dessin noir, sombre, lugubre et même parfois glauque tout comme le récit qu’il est chargé d’illustrer. L’encrage est poussé mais jamais trop, uniquement là où il vient accentuer l'obscurité des ruelles lugubres, des cimetières, des lieux sordides où sont détenues les victimes, etc. Le recours à la couleur est réduit au minimum, quelques teintes pastel venant apporter un peu de lumière, juste ce qu’il faut, toujours dans l'idée de préserver le côté obscur d’une humanité perverse et tordue comme peut nous en offrir un tel thriller noir et ténébreux. Un album à faire froid dans le dos.